Sélection prénatale au Népal
3 novembre, 2007
La sélection prénatale en faveur des fils dans plusieurs pays d’Asie sera lourde de conséquences dans les années à venir, selon des études récentes réalisées pour le compte du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFRA). La préférence pour les garçons dans plusieurs pays asiatiques est profondément enracinée pour des motifs tant culturels qu’économiques : paiement d’une dot pour les filles, rôle de soutien du fils envers les parents âgés, pratique du culte des ancêtres par les seuls fils, etc.
Plusieurs spécialistes des sciences sociales avertissent que le déficit futur des femmes adultes aura de graves répercussions au plan social : non-accès au mariage pour un plus grand nombre d’hommes, augmentation de la violence sexuelle contre les femmes, traite des femmes, plus grande vulnérabilité des femmes en général.
L’Inde et la Chine connaissent les déséquilibres les plus prononcés entre garçons et filles. Au Népal, l’étude conduite par le Center for Research on Environment, Health and Population Activities (Kathmandu, Nepal) indique que la prévalence de cette pratique s’avère présentement beaucoup plus faible. Toutefois, elle montre que dans le Teraï, la préférence manifeste pour les fils, la connaissance des moyens disponibles et la facilité de recourir à des dispensaires disposant de la technologie pour déterminer le sexe des futurs enfants et de faire appel à des avorteurs disposés à enfreindre la loi, principalement dans plusieurs villes frontalières en Inde, pourrait rapidement modifier la situation.
Népal: Commision Vérité et Réconciliation
15 septembre, 2007
La rebellion maoïste qui a ravagé le Népal au cours des dix dernières années a fait plus de 13 000 victimes et de très nombreux disparus. Maintenant qu’un accord de paix a été signé entre les rebelles maoïstes et le Gouvernement, ce dernier a préparé un avant-projet de loi visant l’établissement d’une Commission Vérité et Réconciliation. Dans un rapport fort bien documenté, Amnesty International sonne l’alarme. Si les dispositions actuelles de ce projet étaient mises en œuvre, de nombreuses victimes pourraient se voir priver de leur droit à la vérité, à la justice et à obtenir réparations.
Craignant que l’avant-projet actuel ne puisse mettre fin à l’impunité en poursuivant en justice les personnes ayant gravement porté atteinte aux droits humains et ayant commis des crimes contre l’humanité, Amnesty International demande au gouvernement et au Parlement népalais de mettre sur pied un processus de consultation auprès de toutes les parties concernées, notamment les organisations de la société civile, à la fois népalaises et internationales, les victimes des délits et les défenseurs des droits humains, avant de poursuivre l’étude de l’avant-projet de loi.
Communiqué de presse résumant les grandes lignes du rapport d’Amnesy International
Situation politique dangereuse au Népal selon l’ONU
25 juillet, 2007
Dans son récent rapport au Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, estime qu’il est « manifeste que la situation politique nationale est devenue plus complexe et dangereuse au cours des derniers mois. Des efforts nouveaux et plus larges devront être faits pour maintenir le processus de paix sur la bonne voie », préconise-t-il dans ce document. Il est impérieux que des élections crédibles devant conduire à la formation d’une Assemblée constituante soient organisées selon un calendrier réaliste bien planifié, à défaut de quoi l’unité et la capacité d’agir à l’unisson de la coalition gouvernementale seront sérieusement compromises.
Parmi les principales questions en suspens, précise Ban Ki-moon, figurent la situation dans les sites de cantonnement maoïstes, la sécurité publique à travers le pays, les revendications des groupes défavorisés et insuffisamment représentés (Madhesi, Janajati, Dalit, femmes) de même que le futur système politique qui sera mis en place.
La crise des réfugiés bhoutanais
22 mai, 2007
Le problème des réfugiés bhoutanais a commencé en 1991, lorsque le Gouvernement du Bhoutan a expulsé plus de 100 000 citoyens appartenant à des ethnies népalaises, les accusant de ne pas se conformer aux règles édictées par le roi en vue de protéger la culture bhoutanaise. Depuis, environ 106 000 réfugiés vivent dans des camps gérés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés au Népal.
Dans un rapport daté de mai 2007 fort bien documenté, Human Rights Watch procède à une analyse complète du problème des réfugiés bhoutanais : origine de la crise ; conditions de vie des réfugiés bhoutanais vivant dans les camps au Népal et en Inde ; situation des citoyens bhoutanais d’origine népalaise vivant au Bhoutan, etc. L’organisation y esquisse enfin des propositions pour une solution durable de la crise des réfugiés bhoutanais.
The Need for Durable Solutions for Bhutanese Refugees in Nepal and India
La difficile restructuration de l’État népalais
25 février, 2007
Une constitution intérimaire a été promulguée à Katmandou, les maoïstes placent leurs armes dans des containers sous les yeux des surveillants de l’ONU, les rebelles s’apprêtent à joindre les rangs du gouvernement, le Premier Ministre octogénaire Girija Prasad Koirala a relevé le défi de la paix au Népal… mais la situation demeure néanmoins préoccupante alors que l’insatisfaction gagne les campagnes, particulièrement au Terai, et que l’administration n’arrive pas a affirmer son autorité en faisant respecter l’ordre public, écrit Prashant Jha.
Dans un article paru dans Himal Southasian en février 2007, analyse dans tous ses aspects, le processus de restructuration de l’état en cours au Népal : lacunes de la constitution intérimaire, tensions entre ethnies pour le partage du pouvoir, revendications des groupes sociaux marginalisés, domination des populations des collines, déficiences du système électoral à la veille de la tenue d’élections pour la formation d’une Assemblée constituante qui déterminera l’avenir du pays, stratégies des partis politiques, etc. Pour ceux et celles qui s’intéressent au Népal, un article à lire absolument.
Des Gourkhas aux Népalis
9 décembre, 2006
Les populations du Népal ont longtemps été désignées par le terme de Gourkha, en particulier par les Britanniques et dans l’Inde voisine. Aujourd’hui, cette appellation ne s’applique plus qu’aux mercenaires d’origine népalaise engagés dans l’armée britannique ou indienne, tandis que les Népalais en général se présentent comme Népalis. Toutefois, comme l’explique ici Marie Lecomte-Tilouine, le terme Gourkha rappelle l’histoire de la formation du pays, passage obligé pour comprendre la composition actuelle de sa population. [Source: Clio]
Des Gourkhas aux Népalis, histoire et composition de la population népalaise
Népal: la marche vers la démocratie
4 novembre, 2006
Note d’actualité sur les événements ayant conduit à la conquête de la démocratie au Népal, publiée par Le Centre d’information géopolitique de la Commission des Recours des Réfugiés (France). Y sont relatés : le mouvement populaire de 1990 qui mit fin à la monarchie absolue; les revendications révolutionnaires et le début de la guerre civile en 1996; la restauration de la monarchie absolue par le roi Gyanendra en 2005; la révolte populaire d’avril 2006 forçant le roi à rétablir le Parlement et à demander aux partis politiques de former un nouveau gouvernement.
De part et d’autre de la frontière artificielle que constitue l’Himalaya, notamment l’Everest, « deux pays se sont formés autrefois, le Tibet et le Népal, mais aucun des deux n’a pu réellement maîtriser la délimitation de son espace, et donc de ses limites », écrit Pierre Chapoutot. Son étude s’intéresse symétriquement à l’histoire du Népal et du Tibet, avec en toile de fond, le rôle des grandes puissances coloniales et la problématique des relations entre l’Inde et la Chine. Un véritable concentré d’histoire sur l’Asie du sud.
Musiques et sons du Népal
5 octobre, 2006
Découverte du Népal et de ses habitants par l’exploration de leurs univers sonores et leurs coutumes musicales. Un site à contenu multimédia où l’on peut voir des photos et entendre des musiques de la vallée de Katmandou et du haut pays sherpa : chansons traditionnelles, chant des moines dans un gompa bouddhiste… même la respiration du glacier Ngojumba à Gokyo. Des notes explicatives des coutumes musicales accompagnent photos et musiques.
Impact du trekking au Népal
30 septembre, 2006
Tout comme les grands axes de circulation et les moyens de transports dans les sociétés modernes, les sentiers et le portage constituent des rouages essentiels dans les relations sociales et la vie économique au Népal. Avec l’avènement du trekking, les sentiers deviennent des instruments de développement socio-économique. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de trekkeurs empruntent les sentiers du Népal. Les itinéraires les plus populaires intègrent progressivement les communautés montagnardes, autrefois isolées, à l’économie moderne. L’industrie du trekking offre désormais aux montagnards des possibilités d’ascension sociale grâce au portage et aux métiers de la montagne. Elle détourne toutefois un certain nombre d’entre eux du travail de la terre, remettant ainsi en cause certains équilibres fragiles. Le trekking fait naître en même temps des inégalités entre communautés installées sur les parcours les plus fréquentés et communautés qui restent à l’écart. C’est ce que nous explique Isabelle Sacareau dans un article fouillé et bien documenté. Elle décrit l’activité traditionnelle du portage au Népal et analyse les impacts du trekking sur cette activité de même que la transformation qu’il opère sur la structuration de l’espace et la dynamique sociale de la société rurale traditionnelle népalaise.