Pourquoi la Chine a besoin du Dalaï-Lama
27 juin, 2008
Dans un article paru dans le Journal du Parlement, Nouvelle série, n° 42 – Juin 2008, le sénateur Louis de Broissia tire les enseignements du récent soulèvement populaire en mars et avril 2008 à Lhassa et dans d’autres villes tibétaines. « Les masques sont tombés. Les autorités chinoises ne peuvent plus s’abriter derrière le discours glorifiant la liberté politique et le bien-être économique des Tibétains. Aujourd’hui, il est patent que le pouvoir au Tibet repose uniquement sur la force et sur la peur », y écrit Louis de Broissia.
Les Tibétains, notamment la jeune génération, n’acceptent toujours pas la domination de type colonial que la Chine exerce sur eux depuis bientôt soixante ans. En dépit de son exil prolongé et des campagnes « d’éducation patriotique » chinoises, l’immense majorité des Tibétains considère toujours le Dalaï Lama comme son chef spirituel et politique légitime. Seul ce dernier peut-il encore convaincre les Tibétains que le dialogue avec Pékin pour obtenir une véritable autonomie culturelle est la seule solution réaliste au problème tibétain.
À Pékin, les dirigeants qui tentent de diaboliser le Dalaï-Lama et qui comptent sur sa disparition pour une intégration définitive du Tibet à la mère patrie, font le mauvais pari. « Il devient urgent pour eux d’abandonner cette rhétorique stérile, et de prendre conscience de la chance qu’ils ont d’avoir pour interlocuteur un homme de paix et de dialogue comme Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï Lama », observe Louis de Broissia.
Réflexions sur le récent soulèvement populaire au Tibet
27 juin, 2008
En mars 2008, à la veille de la tenue des Jeux Olympiques de Pékin, le haut plateau tibétain a été secoué par un soulèvement populaire. Ce soulèvement a surpris le monde entier par son ampleur et son étendue. Les émeutes de Lhassa ont constitué le coup d’envoie d’un vaste mouvement de contestation qui a embrasé la Région autonome du Tibet et s’est propagé dans les provinces chinoises voisines à forte population tibétaine.
Dans un article publié sur le site EchoGéo, Françoise Robin dresse d’abord une courte chronologie des événements récents, puis expose les possibles raisons pour expliquer cette rébellion massive. L’auteur y pose la question d’un soulèvement spontané ou organisé et aborde les problématiques relatives à la politique religieuse de la Chine, au recul de la langue tibétaine dans la vie publique, aux grands perdants de la croissance au Tibet, à la sédentarisation forcée des nomades tibétains et enfin, à la réaction du pouvoir chinois.
Mars–Avril 2008 : que s’est-il passé au Tibet ?