Une étude sur la fonte des glaciers de l’Himalaya indien, parue dans la revue Current Science, 74 Vol. 92, No.1, janvier 2007, indique que la superficie glaciaire aurait diminué de 21% depuis le milieu du dernier siècle. L’étude démontre aussi que le nombre de glaciers a augmenté en raison de la fragmentation des masses glaciaires. Les grands glaciers se fragmentent sous l’effet du réchauffement climatique et donnent naissance à des glaciers «tributaires» de plus petites dimensions. Ces petits glaciers fondent   plus rapidement que les grands glaciers. La réduction glaciaire observée est de 38% pour les petits glaciers contre 12% pour les plus grands. Si le réchauffement climatique se poursuit, la fragmentation des glaciers s’accentuera et leur fonte sera d’autant plus rapide, ce qui créera à long terme une pénurie d’eau potable dans les régions himalayennes et les plaines adjacentes.

Glacial retreat in Himalaya using Indian Remote Sensing satellite data 

L’histoire  de l’himalayisme sur les sommets de 8 000 mètres (Himalaya et Karakoram) indique que depuis la deuxième guerre mondiale, le taux des ascensions réussies a augmenté au fil des ans tandis que le taux des décès et des accidents a dramatiquement chuté. Pourquoi une telle amélioration ? Est-ce principalement en raison des innovations technologiques, d’une meilleure organisation des expéditions, de l’apprentissage résultant des expériences alpines antérieures, de la présence de grimpeurs plus expérimentés ou simplement de la chance ? Si certains résultats de l’analyse statistique confirment ce à quoi l’on s’attendait intuitivement (innovations technologiques par exemple) d’autres se révèlent par ailleurs assez surprenants. En prime, une brève histoire de la conquête des 8,000 mètres.

Learning by (not) Dying on the 8,000 m Peaks in the Himalaya and Karakoram

« La modernisation de l’alpinisme français ayant conduit à la conquête de l’Annapurna n’est pas un fait isolé, mais accompagne exactement celle de la société française toute entière, écrit Pierre Chapoutot. On y discerne la volonté d’inscrire l’alpinisme dans le registre de la gloire et du prestige national ». L’auteur analyse l’événement en le contextant dans une société française dont l’année 1950 « clôt une décennie marquée par plus de malheurs que de moments de grâce ». Loin de prétendre à un lien direct entre la victoire sur l’Annapurna et les incertitudes de l’opinion française, il n’exclut pas cependant que ces incertitudes aient pu trouver une réponse dans la figure d’un sauveur ou d’un héros incarné par Maurice Herzog.

Cette perspective n’a pas fait l’unanimité mais la polémique a mis du temps à sortir publiquement. « Les données en sont connues, poursuit Chapoutot : Maurice Herzog et les dirigeants de l’alpinisme français auraient organisé autour de l’événement un coup médiatique magistral, qui aurait eu pour conséquence de donner de son déroulement une description idéalisée et romancée, par le moyen d’un discours univoque et captif, pour le plus grand bénéfice (moral et matériel) du seul Herzog. De ce fait, les autres acteurs de l’expédition, à commencer par Louis Lachenal, auraient été privés de la reconnaissance à laquelle ils avaient droit ».

Actualité de l’Annapurna

Dans un texte écrit en 2005, Pierre Chapoutot se livre à une relecture critique de la conquête de l’Annapurna où sont dénoncés tour à tour ce qu’il nomme les «grandes dérives de l’alpinisme» : le vedettariat et le culte du héros qui ne se trouve pas toujours là où l’on pense ; l’himalayisme comme «dévouement à une grande cause engageant des hommes d’une trempe exceptionnelle et méritant la reconnaissance de la nation» ; enfin, l’himalayisme commercial «comme effet de mode centré sur le dévouement à l’égo qui valorise la quête de l’aventure, à condition qu’elle soit livrée clés en mains, et si possible sans risques».

L’alpinisme a-t-il besoin de héros ?

Faisant suite à l’ouvrage Le Tibet est-il chinois d’Anne Marie Blondeau et Katia Buffetrille (Albin Michel, 2002), qui constituait une réponse à l’ouvrage chinois Le Tibet: cent questions et réponses (Éditions Beijing Information,1987),  une étude malheureusement non signée, ayant fait l’objet d’une conférence organisée sous l’égide des Amis de l’Université, s’attache à démontrer que l’argumentation chinoise destinée à prouver l’appartenance historique du Tibet est une falsification évidente de l’Histoire et procède d’une vision caricaturale de la réalité. D’entrée de jeu, l’auteur annonce son constat : un minimum de sérieux et d’objectivité dans l’analyse des sources ne peut laisser de doutes quant aux motivations profondes des autorités de Pékin. 

Les prétentions chinoises sur le Tibet sont-elles fondées ? 

La fonte des glaciers de l’Himalaya ne fait plus de doute. « Elle risque de provoquer de fortes inondations en Chine, en Inde et au Népal avant de remettre en cause l’approvisionnement en eau dans cette partie de l’Asie », prévient le World Wide Fund for Nature (WWF) dans un rapport publié le 14 mars 2005. Les glaciers himalayens alimentent sept des plus grands fleuves d’Asie : le Gange, l’Indus, le Brahmapoutre, le Mékong, le Salween, le Yangtsé et le Huang He (Fleuve jaune). Ils assurent ainsi l’approvisionnement en eau douce de centaines de millions de personnes. Or, ces glaciers subissent les effets du réchauffement climatique et perdraient entre 10 et 15 mètres par an.

Le glacier Ngojumba au Népal
Glacier Ngojumba Népal

« Dans un premier temps, la fonte rapide des glaciers himalayens va accroître le volume de l’eau dans les fleuves, provoquant d’importantes inondations », déclare Jennifer Morgan, directrice du programme sur le changement climatique mondial du WWF. « Mais dans quelques décennies, cette situation va évoluer et le niveau de l’eau va décliner, provoquant des problèmes économiques et environnementaux importants pour les peuples de Chine Occidentale, du Népal et du nord de l’Inde », ajoute-t-elle. Consultez le rapport du WWF (version résumée ou complète en anglais).

Hoofs on the Roof - Pastoral livelihoods on the Qinghai-Tibetan plateau : the case of Chengduo county, Yushu prefecture. Tel est le titre d’un rapport de recherche rédigé par Michele Nori ayant pour but d’identifier les problèmes et les besoins les plus pressants d’une population pastorale vivant dans une préfecture de la province de Qinghai sur le plateau tibétain. Pour ce faire, l’auteur décrit et analyse les principaux facteurs caractérisant ce mode de vie et avec lesquels les pasteurs doivent composer : environnement, climat, nature et gestion des troupeaux, revenus, mécanismes de marché, désastres naturels. Une large place est faite au yack, l’animal de survie de l’Himalaya. Ce rapport de recherche constitue une véritable «intrusion» au coeur d’une culture et d’un mode de vie permettant à une population humaine de vivre dans l’un des habitats les moins hospitaliers du monde.

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