La persécution religieuse au Tibet
10 mars, 2007
La persécution religieuse au Tibet ne peut se réduire à un conflit ethnique ou religieux ni à une discrimination exercée par une majorité envers une minorité : ses motifs sont politiques et sa mise en œuvre est soigneusement orchestrée à des fins politiques, estime Ronald Schwartz, professeur de sociologie au Mémorial University of Newfoundland. Traçant un bref historique de cette persécution religieuse depuis l’arrivée de l’Armée populaire de libération en passant par la Révolution culturelle chinoise, le professeur Schwartz affirme que «la religion au Tibet était à cette époque, comme elle l’est encore aujourd’hui, perçue comme un obstacle à l’intégration du Tibet dans la Chine».
Même si la pratique religieuse est réapparue après 1980, la politique chinoise au regard de la religion tibétaine n’a pas changé. «Son objectif consiste toujours à éliminer les traits distincts de la culture et de la civilisation tibétaines et d’intégrer totalement le Tibet dans la Chine», ajoute-t-il. Pour que cesse la persécution religieuse au Tibet, il ne suffit pas que les Tibétains puissent pratiquer librement leur religion. Il faut qu’ils bénéficient aussi de la liberté de pensée et d’expression. Au Tibet, la solution du problème de la persécution religieuse passe par l’aspiration légitime du peuple tibétain à l’autodétermination, conclut le professeur dans un article paru dans Rangwang Dronme (publication de Tibet Libre). Même si l’article date de 2003, la problématique est toujours d’actualité.